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Nous avons reçue une sœur du Conseil Général de la congrégation salésienne, en visite à la communauté pour 10 jours. Sr Marie Dominique MWEMA d’origine congolaise, ne parle pas malgache. Je suis donc très sollicité pour corriger les discours rédigés en français, préparer des chansons françaises etc., et ma flute est de sortie presque chaque jour depuis une semaine pour accompagner chants, danses et autres festivités organisées à l’occasion de sa venue !

 

Puis nous avons eu le passage du cyclone Giovanna à Betafo ! Le vent a commencé à souffler dans la nuit de lundi à mardi, et quand nous nous sommes réveillés mardi matin, l’électricité était coupée. Les portes claquaient, les arbres étaient secoués de toute part, la pluie tombait à l’horizontale… C’était violent et très impressionnant !

 

Le calme est revenu dans l’après-midi. Mais en quelques heures, le cyclone avait tout endommagé : le maïs était couché sur le sol, les régimes de bananes gisaient par terre ainsi que les mangues, les papayes, les avocats, les arbres étaient abattus, des pylônes électriques étaient brisés, des toits envolés et des maisons entières écroulées ! A la communauté, la force du vent a ouvert certaines fenêtres et brisé des vitres et certaines tôles de la toiture se sont envolées. Cependant, nous n’avons eu aucun blessé et pas de gros dégâts matériels à déplorer. Mais beaucoup de familles ici se retrouvent sans récoltes et parfois sans abri.

Pendant plusieurs jours, nous avons appris à vivre sans frigo, sans lumière, sans téléphone…mais ici, cela n’est pas si gênant. Nous sommes habitués à vivre avec très peu d’électricité. Pas de lave-linge, pas de lave-vaisselle ni d’aspirateur ! Le four fonctionne au bois, et il y a des bougies et des allumettes dans toutes les pièces en cas de délestages - qui arrivent très fréquemment.

Cependant, cela devient ennuyeux quand la commune ne fournit plus d’eau. Cela est très courant, alors nous utilisons un puits de la communauté qui alimente le château d’eau à l’aide d’une pompe. Mais, sans électricité, pas de pompe, et sans pompe, pas d’eau ! Alors comment cuisiner, faire la vaisselle, se laver, vider les toilettes etc. pour 70 internes, ainsi que pour la communauté quand on n’a pas d’eau ?! Heureusement, cela a duré moins de 48h, avant de nous faire prêter un groupe électrogène par les pères salésiens afin d’actionner la pompe. Ouf ! il n’y a plus qu’à attendre patiemment le retour de l’électricité !!!

Depuis mon arrivée à Madagascar, j’ai beaucoup de soucis de santé, en particulier au niveau intestinal. Rien de très grave, mais cela me fatigue beaucoup. J’ai vu de nombreux médecins, fait des analyses, pris toutes sortes de remèdes mais je ne vais pas mieux. La décision a donc été prise d’un retour anticipé en France afin de me reposer, me soigner et ne pas prendre le risque de m’abimer la santé à long terme. Ceci est davantage une mesure préventive afin de ne pas faire traîner des soucis de santé qui aujourd’hui ne sont pas graves mais pourraient devenir plus embêtant s’ils ne sont pas pris en main à temps.

 

J’aurai beaucoup aimé rester encore quelques mois ici, accompagner mes élèves jusqu’à la fin de l’année scolaire, continuer à découvrir et à m’émerveiller de cette population et de cette culture qui a tant à nous apprendre… Mais la santé n’attend pas !
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